Einucent's Weblog

Un argumentari coma ne’n vodria legir mai suvent

Posted in Occitâneries by Mars on genièr 24, 2012

Tornèi quauques temps chas mos parents la diumenjada passada e viguèi que lo conselh regionau dau Lemosin avia tamben sa pita part sus l’occitan dins lo butletin que manda regularament a sos administrats. Son dau monde coneguts que volguèren bien se ne’n mainar, mercès a ilhs per ocupar queu espandi amb un pitit argumentari totplen de pedagogia. Veiquí en quauqas linhas quò que tròbe pas suvent esplicat dau costat de Tolosa.

Écrire le limousin, Escriure lo Lemosin, Eicrire lou limouzi

Chronique de JP. Cavaillé et B. Chrétien

L’occitan limousin s’écrit depuis le Moyen-Âge (n’oublions pas les troubadours !) Mais de bien des façons, et la perplexité des lecteurs est légitime devant les nombreuses formes de graphies existantes. C’est que nous n’avons rien qui ressemble à une Académie limousine qui imposerait, via le pouvoir d’État, une norme graphique commune. Autrement dit, rien à voir avec le français, ni avec les autres langues nationales !

Pour ce qui est des écritures contemporaines de l’oc, il faut distinguer une graphie qui est acceptée et pratiquée collectivement, dite «classique» ou «normalisée», des autres manières d’écrire, qui sont individuelles, ce qui ne veut pas dire pour autant sans intérêt ni pertinence ! Les règles de la graphie «classique» sont communes à l’ensemble des régions occitanes, et s’appliquent – parfois imparfaitement – aux particularités locales, et donc, bien sûr, au dialecte limousin. C’est elle qui est utilisée et promue par les linguistes (Yves Lavalade, etc.) et les écrivains d’expression limousine (Jan dau Melhau, Roland Berland, etc.) Elle est enseignée à Calandreta et dans les (trop rares) cours d’occitan dispensés dans la région. Elle est aussi employée dans la signalisation bilingue. En partie inspirée des troubadours, son plus grand mérite est sa souplesse, sa capacité d’adaptation aux différents parler. Elle a aussi la qualité d’être autonome par rapport au français, mais c’est là un défaut rédhibitoire pour une population à laquelle l’école n’a pas appris à en déchiffrer le code. D’où la tentation, à notre sens tout à fait naturelle, d’adopter des graphies partiellement ou complètement calquées sur la manière d’écrire le français qui, de surcroît, sont susceptibles (bien que cela soit souvent une illusion) de mieux «coller» à la langue parlée. C’est de cette façon que l’on a surtout écrit le limousin depuis le début de l’époque moderne, chacun bricolant, à partir du français, son propre système.

Mais il ne faut pas oublier que quelle que soit la graphie, une phrase doit sonner de la même manière à l’oreille ! Par exemple lorsqu’on entend dire que les noms de lieu sont écrits sur les panneaux bilingues dans une sorte d’espagnol ou de languedocien et non en limousin, cela est bien sûr complètement faux. C’est tout simplement que la plus grande partie des gens ne savent pas comment on doit lire, par exemple devant le panneau d’Aissa (Aixe sur Vienne) ou de Sent Jan Ligora (Saint-Jean-Ligoure), et prononcent souvent à la française, là où il faut entendre quelque chose comme Aïsso et Sein Dzan Ligouro. C’est là à notre avis un très gros problème. L’école n’a pas fait son travail (l’apprentissage minimal d’une règle orthographique pour la linga dau país), mais admettons aussi que les occitanistes (qui ont bon dos) ont manqué de pédagogie en refusant d’associer, partout ou cela était possible, la graphie classique à des exemples de graphie «à la française». Qu’es ’chabat per uei.

Qu’es n’amiga provençala que m’avia fach mainar que las grafias «patoisantes» avian n’utilitat per los monde (vielh) qu’avian la lenga a l’orau mas que la sabian pas escriure. Dempuèi suèi estat mens dogmatic sus quela question. Vòle pas caucionar l’usatge dins, los cas d’institucionalisacion de la lenga, de ‘na grafia adaptada dau françès (coma la senhaletica.) Per contra, entende que per de las publicacions efemèras, quauques dobaments sian necites per èsser de bon accedir au monde que son pas demest los «iniciats» occitanistes. I a besunh tamben de balhar l’esplicacion que balhan los dos comparses quí dessur tan que la notorietat e lo succès dau moviment occitaniste son pas segurats.